Zone interdite : Paris bannit les motos thermiques, la colère des motards explose.
La transition énergétique n’est plus une vue de l’esprit. Depuis janvier 2025, toutes les motos neuves doivent répondre à la norme Euro 5+, qui impose des contrôles OBD II et des tests en conditions réelles. Dans le même temps, les ZFE s’étendent, interdisant à Paris et Lyon les Crit’Air 3 (motos Euro 2 d’avant 2007). Et malgré un discours public favorable à l’électrique, les immatriculations de deux-roues électriques reculent de 28 % au premier semestre. Résultat : le marché moto vit un moment de tension, entre montée réglementaire, retrait des aides, et incertitudes sur les technologies.
Le thermique recule, mais l’électrique piétine
Le chiffre est tombé : −12 % d’immatriculations de deux-roues neufs en France sur le premier semestre 2025. La 125 est la plus touchée (−18 %), suivie par l’électrique. Et pour cause : la suppression du bonus écologique moto, en vigueur depuis décembre 2024, a retiré jusqu’à 900 € d’aide sur certains modèles.
Côté automobile, le constat est identique. Renault, Peugeot, Volkswagen peinent à rentabiliser leurs usines malgré la montée en gamme électrique. Le diesel, malgré toutes les annonces, reste encore massivement utilisé. Et dans ce contexte, la moto thermique garde des arguments qu’on ne balaie pas d’un revers de main : autonomie réelle, coût d’achat, simplicité mécanique, disponibilité.
Mais la machine réglementaire ne faiblit pas. Et les prochains mois vont demander aux motards de s’adapter rapidement.
Euro 5+, Euro 7, normes sonores : ce qui change
Depuis janvier 2025, toutes les motos neuves doivent répondre à la norme Euro 5+. Elle ne modifie pas radicalement les seuils d’émissions, mais impose :
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Une surveillance OBD II renforcée
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Des tests en conditions d’usage réel
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Une limite de NOx à 60 mg/km
Euro 7, prévu en 2027 pour les motos lourdes, ne bouleversera pas les seuils, mais imposera des mesures de particules liées aux pneus et au freinage, comme pour l’auto.
Autre nouveauté souvent ignorée : les nouvelles limites sonores. Depuis le 1er janvier 2025, la norme R41.05 impose un test de 10 à 100 km/h avec une limite stricte de 77 dB. Adieu les pots à chicane amovible et les homologations floues.
Pour les fans de mécaniques expressives, le silence est devenu la nouvelle norme.
Les ZFE se resserrent, la Crit’Air 3 devient un problème
À Paris et Lyon, les motos Crit’Air 3 sont interdites en semaine. Ça concerne tous les modèles Euro 2 d’avant 2007. Les radars de contrôle automatisé sont déjà installés, en phase de test jusqu’à la fin de l’année.
Bordeaux, Lille, Grenoble ou Rouen suivent. Dès 2026, on peut s’attendre à ce que les Crit’Air 2 (Euro 3, post-2007) soient les prochaines visées.
Pas besoin de long discours : il est temps de planifier. Soit en vendant tant qu’il est encore temps, soit en optant pour des modèles plus récents, voire un rétrofit électrique si la moto le permet (mais les offres restent rares et coûteuses).
Des modèles électriques qui peinent à convaincre
L’électrique moto est là, mais le marché ne suit pas. En 2025, seuls quelques modèles tirent leur épingle du jeu :

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BMW CE 02 : urbaine fun, 80 km d’autonomie réelle
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Honda EM1 e: : scooter 125 électrique à batterie amovible
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Zero DSR/X : trail A2, 180 km réels mais près de 20 000 €
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LiveWire S2 Del Mar : style US, bonnes sensations, tarif élevé
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Energica Ego+ : haut de gamme sportif, plus de 30 000 €
Le problème reste l’autonomie. Sur voie rapide, difficile de dépasser les 150-200 km, avec une recharge complète entre 30 minutes (DC 20-30 kW) et plus de 4 heures (AC 3-6 kW).
Sur le papier, le coût à l’usage est attractif : 1 à 2 €/100 km, contre 6 à 7 € en essence. Mais le prix d’achat et l’usure des batteries (6 à 8 ans) freinent les acheteurs. Pour les motards qui roulent moins de 7 000 km par an, le retour sur investissement est trop long.
Des batteries qui évoluent, mais pas assez vite
Les meilleures motos électriques actuelles utilisent des batteries Li-ion NMC ou LFP, avec une densité énergétique autour de 220-250 Wh/kg. Résultat : 200 à 300 km en usage mixte.
En test, les batteries sodium-ion (chez Yadea) promettent mieux en conditions froides, avec une recharge 80 % en 15 minutes, mais une densité plus faible (145 Wh/kg). À suivre.
Les cellules semi-solides, attendues vers 2027 chez Toyota ou BMW, pourraient doubler cette densité. D’ici là, l’aérodynamique reste le seul levier immédiat. Des modèles comme la WMC-Zero affichent +7 à +9 % d’autonomie sans changer la batterie.
Que faire si tu es motard aujourd’hui ?
Si tu roules en ville et fais moins de 50 km par jour, un modèle électrique urbain peut suffire, même sans bonus.
Si tu voyages, roules le week-end, aimes les routes de montagne, garde ton thermique Euro 5+ aussi longtemps que possible.
Si ta moto est Crit’Air 3, prépare-toi à la revendre ou à la transformer avant 2027 dans les métropoles.
Teste l’électrique avant d’acheter : une journée sur une LiveWire ou une Zero changera ton regard. Le couple instantané demande aussi un temps d’adaptation, notamment au freinage régénératif.
Et garde un œil sur les batteries sodium ou les offres en battery-swap. D’ici 2027, elles pourraient faire bouger les lignes.







