Fin de course pour CCM : une disparition discrète mais brutale
C’est une page de plus qui se tourne dans l’histoire déjà bien cabossée de la moto britannique. CCM, pour Clews Competition Machines, a tiré le rideau en juin 2025, mise en faillite après 54 ans de présence sans éclat mais avec une constance rare. Une marque qui n’a jamais tapé dans les chiffres, mais qui a toujours conservé un petit cercle d’irréductibles.
L’annonce n’a surpris personne de l’autre côté de la Manche. Le marché anglais vit des heures noires. Après Mutt Motorcycles, c’est donc CCM qui tombe. La procédure d’administration judiciaire a été lancée au printemps. Plus de la moitié des salariés étaient déjà partis en février, quand la direction avait entamé une réduction de voilure. Les derniers ont suivi en silence.
Une histoire née dans les sous-bois
Alan Clews, ancien pilote amateur, fonde CCM en 1971 à Bolton, dans le nord de l’Angleterre. Il récupère à l’époque les droits des moteurs BSA compétition après la faillite du groupe. Très vite, ses motos s’imposent dans les bois boueux et les zones caillouteuses. CCM, c’est d’abord de l’enduro, du motocross, du trial, puis de l’armature légère pour l’armée. On les verra même brièvement sur les circuits, sans grand succès mais toujours avec la même approche artisanale.
La firme restera fidèle à cette ligne. Petites séries, motos à la main, identité forte. Pas de gamme élargie, pas d’électrique, pas de plan d’expansion. Ce refus du compromis sera aussi sa limite.
Tentative de relance avortée
2024 devait marquer un nouveau départ. CCM annonce alors un investissement important du fonds Pittala Capital, basé à Bolton lui aussi. Une nouvelle majorité devait permettre à la marque de se réinventer, avec un objectif de 300 machines par mois.
Deux nouveaux modèles sont présentés, dont le trail Project X, pensé pour attirer les amateurs d’engins simples, stylés, et différents. Le lancement était prévu fin 2025. Il ne verra jamais le jour.
La presse anglaise rapporte qu’aucune vente n’a permis de dégager les marges attendues. Plusieurs concessionnaires stratégiques, notamment Completely Motorbikes, ont fermé la porte à CCM. Les distributeurs n’y croyaient plus, les clients non plus. Le marché s’est durci, les ventes se sont effondrées, et les caisses se sont vidées.
Le contexte joue contre les petites marques
Le Brexit n’a rien arrangé. Les hausses de tarifs douaniers, l’effondrement du marché anglais, les retards logistiques et la chute des volumes rendent la vie infernale aux petits constructeurs. Même avec un produit intéressant, personne ne peut survivre avec 150 ventes annuelles.
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La norme Euro 5+ n’a fait qu’ajouter une couche de complications techniques et financières. CCM ne pouvait plus tenir ses engagements sur les modèles en cours.
Un dernier hommage sans grand bruit
Pas d’adieu officiel. Pas de mot du fondateur, ni de communiqué en grande pompe. Juste une ligne dans les journaux spécialisés et une fermeture de site web. Triste fin pour une marque qui, malgré ses défauts, a toujours proposé autre chose que le tout-venant.
Dans le garage de certains passionnés, les motos jaune et noir de CCM continueront à vivre. Mais l’aventure industrielle, elle, est bel et bien finie.







