L’Espagne en tête pendant que les autres calment le jeu
Mai 2025 aura confirmé une tendance déjà pressentie depuis quelques mois : l’Espagne devient l’exception européenne. Tandis que la plupart des marchés plongent, les immatriculations ibériques bondissent de +17,3 %, atteignant 15 232 unités. À contre-courant, les Espagnols investissent de plus en plus dans les 2/3-roues motorisés. L’effet combiné d’un climat favorable, d’un trafic dense dans les grandes villes et d’une politique locale qui pousse à se détourner de la voiture y joue pour beaucoup.
La France, elle, recule. Avec 12 490 unités, le marché hexagonal perd 7,3 % par rapport à mai 2024. Rien de catastrophique, mais cette baisse confirme le ralentissement déjà amorcé sur les cinq premiers mois de l’année. Les hausses successives des tarifs, le durcissement des ZFE, les interrogations autour des radars urbains et l’instabilité fiscale pèsent sur l’acheteur potentiel.

Italie, Allemagne, Belgique… la glissade continue
L’Italie n’est pas épargnée non plus. Le pays enregistre une chute de -11,7 %, avec 13 962 immatriculations. Même l’Allemagne, pourtant stable ces dernières années, dévisse de 18,5 %. Les Pays-Bas décrochent littéralement avec une chute vertigineuse de -30,9 %.
Globalement, les dix principaux marchés européens du 2/3-RM neuf ont totalisé 71 780 unités en mai, soit une baisse de 2 % par rapport à mai 2024. Il faut remonter à plusieurs années en arrière pour retrouver un mois de mai aussi tiède.
Le marché de l’occasion : des profils qui évoluent
Les ventes de 2/3-RM d’occasion continuent de se structurer. Chez les particuliers, les véhicules de plus de 15 ans dominent largement : 32,5 % des volumes sur les MTL et 30,6 % sur les MTT2. Ce sont souvent des machines à prix plancher, destinées aux jeunes permis ou aux trajets occasionnels.
Mais un segment progresse nettement : celui des véhicules de 3 à 5 ans, qui représentent 24,2 % des MTT2. Un bon compromis pour qui veut un engin encore dans l’air du temps, sans les contraintes du neuf.
Chez les professionnels, même tendance. Les motos de 1 à 2 ans pèsent lourd chez les MTT2 (environ 30 % des ventes) et confirment une rotation rapide du stock chez les gros revendeurs ou les réseaux constructeur.
Le neuf en France : mai dans le rouge
Les chiffres de l’immatriculation VN (véhicules neufs) à cinq mois ne rassurent pas : -15,4 % pour le marché global des +50 cm³, et une baisse plus contenue sur les 2/3-RM seuls : -1,9 % à mi-juin.
Derrière cette moyenne, les MTL (51 à 125 cm³) tirent leur épingle du jeu avec 43,7 % des immatriculations en mai. Les MTT1 (jusqu’à 35 kW) suivent avec 24,1 %, laissant les MTT2 (plus de 35 kW) à 12,7 %.
Les meilleures ventes : la logique est respectée
En MTL, le Honda Forza 125 reste le patron. Le Yamaha X-Max 125 et le NMax 125 complètent un podium très urbain. Pas de surprise ici : ces scooters couvrent tous les usages, des trajets boulot-dodo aux escapades du week-end.
En MTT, la Yamaha MT-09 Tracer prend la tête, devant la Yamaha T-Max 560 et la Kawasaki Z900. Trois motos au caractère bien trempé, taillées pour le plaisir pur ou le commuting rapide.
Du côté de l’électrique, le Silence S01 reste numéro 2. Juste derrière le BMW CE 04, qui s’impose grâce à un design fort et une image haut de gamme. Le Stark Varg complète le podium, signe que l’électrique gagne aussi le cœur des amateurs de performances off-road.
Parts de marché : les marques qui comptent
Honda domine : 25 % des parts en MTL, 22,5 % en MTT. Une régularité exemplaire, construite sur des gammes stables et des modèles éprouvés. Yamaha suit de près en MTL (21,3 %) et reste solide sur les gros cubes (14,9 %).
En MTT, BMW monte sur la 3e marche avec 12,5 %, devant KTM (11,7 %) et Triumph (8,1 %). Des chiffres qui confirment une clientèle fidèle, souvent passionnée, et exigeante sur le comportement routier.
En MTL, Zontes (6,8 %) et Kymco (4,4 %) montrent qu’il reste de la place pour les outsiders chinois et taïwanais, notamment sur l’entrée de gamme.







