Yamaha triomphe au Mans ! La 48e édition des 24 Heures Motos s’est jouée sur un scénario que même les plus rompus à l’exercice n’avaient pas anticipé. Sur un Bugatti balayé par des bourrasques, piégeux comme rarement, la Yamaha YZF-R1 #7 du YART a coupé la ligne en tête, devant une Kawasaki #11 qui a tout perdu dans la dernière heure. Il aura fallu du sang-froid, une endurance sans faille et une lecture parfaite des conditions pour s’imposer.
Une course à rebondissements, marquée par les éléments
Dès les premières heures, la météo a joué les trouble-fêtes. Des averses irrégulières, parfois violentes, mêlées à des éclaircies trompeuses ont forcé les équipes à multiplier les choix tactiques. Certains s’y sont cassé les dents. D’autres, comme le YART, ont fait preuve d’une gestion météo chirurgicale.
Mais ce sont surtout les nombreuses chutes – environ 150 recensées – qui ont rythmé la course. Un chiffre élevé, reflet d’une piste en perpétuelle évolution, d’un grip incertain et de pilotes contraints de jongler avec l’adhérence au fil des relais.
Le basculement à une heure du drapeau
Pendant de longues heures, la Kawasaki #11 Webike Trickstar semblait tenir la victoire. Roman Ramos, en relais, menait avec une avance suffisante pour envisager une fin de course maîtrisée. Jusqu’à cette erreur. À une heure de l’arrivée, le pilote espagnol chute, offrant la tête à une Yamaha #7 en embuscade.
Ce n’est pas tant la chute qui surprend – dans ces conditions, elle guettait chacun – mais la symbolique : perdre le Mans à soixante minutes de la fin, après avoir mené, c’est un coup dur. Di Meglio et Leblanc, ses coéquipiers, n’y pouvaient rien.
Une victoire tactique, la deuxième pour le YART
Karel Hanika, Marvin Fritz et Jason O’Halloran ont livré une partition sans accroc. Pas les plus rapides à chaque instant, mais toujours dans le coup, toujours là quand il fallait. Leur régularité a payé.
C’est aussi une revanche pour Yamaha, qui n’avait plus gagné ici depuis 2009 avec cette même structure. Une cinquième victoire pour la marque aux diapasons, dans des conditions qui, historiquement, ne lui ont pas toujours réussi.
Le team autrichien a su éviter les pièges, limiter les erreurs et capitaliser sur la défaillance de ses adversaires, dans une course où la gestion de l’aléatoire a pesé presque autant que la vitesse pure.
BMW sauve les meubles avec une troisième place méritée
La #6 de BMW Motorrad World Endurance, confiée à Illya Mykhalchyk, Kenny Foray et David Checa, termine sur la dernière marche du podium. À neuf tours des vainqueurs, certes, mais avec une course régulière et propre, ce qui, dans ce contexte, vaut presque une victoire.
Pas d’éclat particulier, mais un travail de fond solide. Checa, vétéran de l’endurance, a encore prouvé qu’il fallait compter sur lui, surtout quand les conditions se compliquent. BMW décroche là un podium stratégique, qui sauve un week-end globalement difficile pour d’autres équipes de la marque.
Une édition difficile, mais fidèle à l’esprit du Mans
Le Mans ne pardonne rien, et cette édition l’a encore démontré. Les nombreuses chutes, l’usure des machines, la météo capricieuse et les choix de pneus toujours sous tension ont forgé le classement final.
Le public, lui, a répondu présent malgré les conditions. Concerts, animations, fête foraine, Kid Zone, village exposants : l’ambiance dans les paddocks et le long de la ligne droite des stands n’a pas faibli.
Les spectateurs ont assisté à un spectacle dense, brut, parfois cruel. Mais profondément authentique. Et à l’arrivée, une Yamaha qui, sans faire de bruit, a repris ce que la Kawasaki croyait acquis.
Diffusion et suivi en temps réel
L’épreuve a été intégralement diffusée en clair sur La Chaîne L’Équipe, une première pour certains suiveurs occasionnels, et sur Eurosport 1 pour les passionnés. Les essais libres étaient à retrouver sur Eurosport 2. Le suivi en Live Timing, via l’application officielle, a permis de capter chaque instant de la course, même dans les phases les plus confuses.
Classement final – top 3
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YART-Yamaha (#7) – Hanika, Fritz, O’Halloran – Yamaha YZF-R1
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Kawasaki Webike Trickstar (#11) – Ramos, Di Meglio, Leblanc – Kawasaki ZX-10RR
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BMW Motorrad World Endurance (#6) – Mykhalchyk, Foray, Checa – BMW M 1000 RR
Le Mans 2025 n’a pas déçu. Il a confirmé que l’endurance, loin d’être figée, peut encore surprendre. Encore faut-il être là, en vie, dans la dernière heure. Yamaha triomphe au Mans !






