1m93 et 107 kg : ce motard a testé 11 motos en 4 ans pour en trouver une à sa taille

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1m93 et 107 kg : ce motard a testé 11 motos en 4 ans pour en trouver une à sa taille

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Trouver la bonne moto quand on dépasse le mètre quatre-vingt-dix, c’est une quête. Pas une simple visite chez le concessionnaire. Quatre ans, onze modèles différents, des milliers de kilomètres avalés dans des positions parfois proches de la torture : voilà ce qu’a traversé ce motard de 1,93 m pour 107 kg avant de poser les yeux sur celle qui lui correspond vraiment.

Ce n’est pas un caprice d’amateur difficile à satisfaire. C’est un problème concret : la grande majorité des motos vendues en Europe est conçue pour des gabarits entre 1,70 m et 1,80 m. Au-delà, les compromis s’accumulent. Selle trop basse, guidon trop court, repose-pieds mal positionnés : chaque détail mal calibré se transforme en douleur chronique après deux heures de route.

Ce dossier retrace son parcours modèle par modèle. Quelles motos ont été rejetées en moins d’un mois, pourquoi certaines semblaient prometteuses avant de décevoir, et ce qui fait qu’une machine finit par convaincre un gabarit hors norme. Utile pour tout motard au-dessus de 1,85 m qui cherche à éviter des erreurs coûteuses.

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Le problème concret du grand gabarit en moto

Un motard de 1,93 m n’est pas juste “un peu plus grand que la moyenne”. À ce niveau, trois critères deviennent critiques en même temps : la hauteur de selle, l’écart entre selle et guidon, et la position des repose-pieds. Ces trois paramètres doivent être cohérents entre eux. Sur la majorité des motos vendues sous 10 000 euros, aucun des trois n’est calibré pour ce gabarit.

Résultat : les genoux sont pliés au-delà d’un angle confortable, le dos se voûte pour atteindre un guidon trop proche, et les épaules compensent en permanence. Après deux heures de route, ce n’est plus de la fatigue : c’est de la douleur installée. Et à 107 kg, le poids du pilote amplifie chaque mauvaise posture.

Ce motard a commencé par l’erreur classique : acheter la moto qui lui plaisait visuellement, la Yamaha MT-07. Selle à 805 mm, 182 kg tout mouillé. Sur le papier, ça semblait suffisant. En pratique, ses jambes étaient trop comprimées à l’arrêt et son dos souffrait en position de conduite. Revendue au bout de six mois.

Attention aux selles “réglables” en théorie

Plusieurs constructeurs affichent une hauteur de selle “réglable” dans leurs fiches techniques. En réalité, la plage de réglage dépasse rarement 30 mm. Pour un motard de 1,93 m, ce n’est souvent pas suffisant pour compenser un design de base inadapté.

Les 7 motos rejetées et pourquoi

Quatre rejetées pour selle trop basse

La Yamaha MT-07 (805 mm), la Kawasaki Z650 (790 mm), la Honda CB650R (810 mm) et la Harley-Davidson Sportster Iron 883 (760 mm) ont toutes été écartées pour la même raison fondamentale : une hauteur de selle insuffisante pour que les jambes trouvent une extension correcte en conduite. La Z650 est la pire du lot avec 790 mm. Même debout sur les repose-pieds, la position restait fermée.

La Harley mérite un cas particulier. Sa selle à 760 mm est pensée pour les pilotes qui veulent poser les deux pieds à plat. Pour quelqu’un de 1,93 m, c’est absurde : les genoux remontent à hauteur des hanches. Sans parler de la position de conduite en “fauteuil” qui n’autorise aucune mobilité du buste.

Trois rejetées pour bras trop courts

Le Ducati Monster 821, la Suzuki V-Strom 650 et la BMW F 750 GS ont passé le cap de la hauteur de selle. Problème différent : le guidon se retrouvait trop près du pilote, forçant un angle de coudes excessif. À 1,93 m, l’envergure des bras dépasse fréquemment 2 mètres. La distance selle-guidon doit suivre cette réalité.

Sur la V-Strom 650, le guidon montant semblait une bonne piste. Mais la position globale restait trop comprimée. La F 750 GS a été plus prometteuse : réglable, polyvalente, confortable sur route. Mais à 224 kg, elle pesait lourd sur les maniabilités à basse vitesse, et le guidon ne pouvait pas être avancé suffisamment sans modifier la potence.

Les 4 finalistes qui ont tenu la distance

KTM 790 Adventure : légère mais trop étroite

850 mm de hauteur de selle, 189 kg seulement. La KTM 790 Adventure semblait taillée pour lui. Légère, vive, avec une position haute et ouverte. En pratique, le triangle selle-guidon-repose-pieds était trop étroit pour son envergure. Le guidon venait trop court, les épaules se rentraient. Après 300 km, la tension cervicale était insupportable.

Un remplaçant de guidon plus large aurait pu corriger le tir. Mais à 12 000 euros, investir immédiatement dans des modifications n’était pas l’objectif. La KTM a été conservée trois mois avant d’être échangée.

Triumph Tiger 800 : la bonne piste, le mauvais budget

La Tiger 800 a séduit par sa selle réglable (810 mm en position haute) et sa position redressée. Le moteur triple cylindre offre un couple intéressant à bas régime, ce qui comptait pour 107 kg de pilote. La conduite était agréable, la moto tolérante. Mais deux points ont posé problème : le coût d’entretien élevé et une selle qui, malgré le réglage, restait un peu courte pour son bassin.

Honda Africa Twin : le bon gabarit, le poids en trop

850 mm de selle réglable, moteur bicylindre robuste, position haute et dégagée. L’Africa Twin cochait presque toutes les cases. Sauf une : 244 kg sur la balance. À 107 kg de pilote, l’ensemble dépasse 350 kg en ordre de marche. Aux manoeuvres lentes, dans les parkings ou sur chemin défoncé, le poids total devenait une contrainte réelle.

Rien d’insurmontable à l’usage. Mais pour quelqu’un qui voulait une moto qu’il maîtrise sans effort, ce n’était pas la bonne réponse.

BMW R1250 GS : le match parfait enfin trouvé

La BMW R1250 GS était dans sa liste depuis le début. Elle en était sortie à cause du prix : environ 20 000 euros. Il y est revenu après dix autres tentatives infructueuses. Et c’est elle qui a répondu à chaque critère : selle réglable jusqu’à 890 mm, guidon large et avancé, position haute et ouverte, couple moteur généreux à bas régime pour encaisser son poids.

À 249 kg, elle n’est pas légère. Mais son centre de gravité bas (moteur Boxer à plat) la rend étonnamment maniable. Pour un motard de 1,93 m, c’est la première moto où bras, dos et jambes trouvent simultanément une position naturelle.

Ce qui fait la différence sur la R1250 GS

La plage de réglage de selle va de 820 à 890 mm selon les options. Ajoutez une option “selle haute” disponible en accessoire : on peut atteindre 910 mm. Pour 1,93 m, c’est le seuil à partir duquel les jambes trouvent une vraie extension en conduite debout sur les repose-pieds.

Le choix final et ce qui l’a emporté

Quatre ans, onze essais, et une conclusion qui ne surprend pas les connaisseurs : la BMW R1250 GS reste la référence absolue pour les grands gabarits. Pas parce qu’elle est parfaite, mais parce qu’elle est configurable.

C’est ce point qui change tout. Une moto adaptable autorise les corrections là où une moto fixe condamne le pilote à subir ses dimensions. Guidon interchangeable, selle modulable, repose-pieds repositionnables en option : chaque réglage ramène le corps dans un axe neutre. Sur la R1250 GS, ces options existent en série ou en accessoire constructeur.

Autre facteur décisif : le couple à bas régime. À 107 kg, le moteur doit pousser sans effort dans les relances en ville, en côte ou sur piste de gravier. Le bicylindre Boxer 1 254 cm3 de BMW délivre 143 Nm à 6 250 tr/min, mais le couple arrive dès 2 500 tours. Pour ce profil de pilote, c’est fondamental.

Modèle Selle (mm) Poids (kg) Verdict
Yamaha MT-07 805 182 Rejetée (selle trop basse)
Kawasaki Z650 790 187 Rejetée (selle trop basse)
HD Iron 883 760 260 Rejetée (selle trop basse)
Honda CB650R 810 202 Rejetée (selle trop basse)
Ducati Monster 821 810 205 Rejetée (bras trop courts)
Suzuki V-Strom 650 835 216 Rejetée (bras trop courts)
BMW F 750 GS 815 224 Rejetée (bras trop courts)
KTM 790 Adventure 850 189 Rejetée (guidon trop étroit)
Triumph Tiger 800 810 215 Bonne, selle un peu courte
Honda Africa Twin 850 244 Bonne, trop lourde
BMW R1250 GS 820-890 249 Choisie

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Équipements adaptés aux grands gabarits

Trouver la bonne moto ne suffit pas. Pour un pilote de 1,93 m et 107 kg, l’équipement doit lui aussi être pensé à sa morphologie. Un casque trop étroit, des gants qui compressent les doigts, ou un tablier de protection inadapté : chaque pièce mal dimensionnée réduit le confort et la concentration sur la route.

Pour la protection de base, le choix d’un casque moto adapté à sa morphologie de tête est prioritaire. Les grandes têtes trouvent rarement leur taille en boutique généraliste : un rayon spécialisé permet de tester les largeurs et les longueurs de calotte correctement.

Les gants moto sont souvent le parent pauvre de l’équipement grand gabarit. Pourtant, des gants trop courts au niveau des doigts créent des zones non protégées et réduisent la sensibilité sur les commandes. Investir dans une paire taillée grande récompense rapidement.

Pour les trajets trail ou mixtes en toutes saisons, un tablier trail Tucano Urbano Gaucho compatible Africa Twin ou Tiger offre une protection thermique sans contraindre la position de conduite. Compatible avec les principaux trails du marché, il couvre les jambes sans raidir les hanches.

Côté entretien, un kit entretien adapté à son modèle permet de maintenir la moto en état sans surprises. Sur une GS, les révisions sont fréquentes et les pièces spécifiques : mieux vaut anticiper avec un kit complet plutôt que de commander en urgence.

Conseils pour choisir sa moto quand on est grand

Trois critères à vérifier avant tout essai

Première vérification : la hauteur de selle. En dessous de 830 mm pour quelqu’un de 1,90 m ou plus, il faut être certain que le cadre permet une extension correcte des jambes en conduite. La hauteur à l’arrêt n’est pas le seul indicateur : la largeur de la selle compte aussi. Une selle large compresse les genoux vers l’extérieur et réduit l’extension effective.

Deuxième point : mesurer la distance selle-guidon avant d’acheter. Assis en position naturelle, les bras doivent atteindre le guidon avec un léger angle de coude, jamais à 90 degrés ni tendus à l’horizontale. Un angle entre 120 et 150 degrés est le seuil de confort pour une longue distance.

Troisième critère : vérifier la disponibilité des accessoires de modification. Un guidon plus haut, une selle en option longue course, des repose-pieds avancés : ces accessoires doivent exister pour le modèle visé. Sans eux, toute correction coûte cher et invalide souvent la garantie constructeur.

Les catégories les plus adaptées aux grands gabarits

Les trails grande roue (GS, Africa Twin, Tiger, KTM Adventure) sont systématiquement les mieux calibrées. Leur conception verticale avec selle haute et guidon large est plus proche des proportions d’un grand pilote que les roadsters ou les routières sportives. C’est la catégorie à privilégier en premier.

Poids du pilote : un facteur souvent négligé

107 kg, ce n’est pas neutre pour le comportement de la moto. Les suspensions doivent être réglées en conséquence. La plupart des motos de série sont préréglées pour un pilote de 75 à 85 kg. À 107 kg, la précharge arrière doit être augmentée, sous peine d’un affaissement qui modifie toute la géométrie de la moto, accentue le sous-virage et rend la conduite imprécise.

Sur la BMW R1250 GS avec suspension Dynamic ESA, ce réglage se fait electroniquement, en quelques secondes depuis le tableau de bord. C’est l’un des avantages concrets de cette moto pour ce profil de pilote : les réglages suivent le poids réel, pas une moyenne théorique.

FAQ

Quelle hauteur de selle minimum pour un motard de 1,93 m ?

Il n’existe pas de chiffre universel, car la longueur des jambes varie selon la morphologie. En général, une selle entre 840 et 890 mm correspond aux besoins d’un pilote de 1,90 m à 1,95 m. L’essentiel est que les jambes trouvent une extension suffisante en conduite, pas seulement à l’arrêt.

La BMW R1250 GS est-elle vraiment la seule option pour les grands gabarits ?

Non. La Honda Africa Twin, la KTM 1290 Super Adventure et la Suzuki V-Strom 1050 sont des alternatives sérieuses. Mais la R1250 GS combine le meilleur niveau de réglabilité native avec une disponibilité d’accessoires constructeur très large, ce qui en fait le choix le plus complet pour ce gabarit spécifique.

Peut-on modifier une moto standard pour l’adapter à un grand gabarit ?

Oui, dans une certaine mesure. Un guidon plus haut et plus large, une selle en version haute, des repose-pieds avancés : ces modifications existent et fonctionnent. Mais elles coûtent entre 300 et 1 000 euros selon les pièces, et elles n’inversent pas une mauvaise architecture de base. Mieux vaut partir d’une moto déjà proche des bonnes proportions.

Le poids du pilote influence-t-il vraiment le choix de la moto ?

Fortement. À 107 kg, il faut un moteur capable de relancer facilement (couple disponible dès bas régime), des suspensions réglables au-delà du préréglage standard, et un châssis rigide qui ne fléchit pas sous la charge. Les motos de milieu de gamme sous 180 kg à vide montrent leurs limites rapidement avec ce type de profil.

Comment tester l’ergonomie d’une moto avant l’achat ?

Demander impérativement un essai d’au moins 30 minutes en conditions réelles, pas un simple tour de parking. S’asseoir en position de conduite normale, vérifier l’angle des coudes, l’extension des jambes sur les repose-pieds et la posture du dos en virage. Un concessionnaire sérieux n’imposera pas de délai sur un essai pour un achat de cette valeur.

En résumé

11 motos testées en 4 ans : quatre rejetées pour selle trop basse, trois pour un guidon trop proche, quatre finalistes dont une seule a tout coché.
La BMW R1250 GS s’impose : selle réglable jusqu’à 890 mm, guidon large, couple moteur disponible dès bas régime et suspension électronique ajustable au poids réel du pilote.
Trois critères à vérifier avant tout achat : hauteur et largeur de selle, distance selle-guidon, disponibilité des accessoires de modification chez le constructeur.
L’équipement suit la même logique : casque, gants et accessoires doivent eux aussi être dimensionnés pour le gabarit réel, pas pour une taille moyenne.

Sources : Yamaha Motor Europe (yamaha-motor.eu), Kawasaki France (kawasaki.fr), BMW Motorrad France (bmw-motorrad.fr), Honda France (honda.fr), Ducati France (ducati.com), Suzuki France (suzuki.fr), Triumph Motorcycles France (triumphmotorcycles.fr), Harley-Davidson France (harley-davidson.com), KTM France (ktm.com), Moto-Station (moto-station.com), Forum Moto (forum-moto.com).

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