Le stationnement des motos sur les trottoirs : ce que dit (vraiment) la loi
Stationnement moto : cette habitude pourrait vous coûter cher en ville… Tu le sais peut-être déjà, mais garer ta bécane sur le trottoir, même bien rangée contre le mur, ce n’est plus simplement une question de bon sens. C’est devenu un sujet de tensions, de verbalisation, et surtout, de vide juridique partiellement comblé. Alors on fait le point, sans détour.
Le Code de la route, dans son article R417-11, interdit clairement le stationnement sur les trottoirs pour les véhicules motorisés. Ça ne date pas d’hier, mais l’application de cette règle s’est franchement durcie depuis 2015.
Tu te demandes s’il y a des exceptions ? Oui. Les deux-roues motorisés (motos, scooters, tricycles, cyclomoteurs) ont longtemps bénéficié d’une tolérance de fait, notamment si ça ne gênait pas les piétons. Mais cette époque est révolue dans les grandes villes.
Motard oui, hors-la-loi non : les sanctions tombent
Depuis la réforme de 2015, les infractions sont différenciées selon la cylindrée.
Si tu pilotes un gros cube de plus de 125 cm³, attention : stationner sur un trottoir peut te coûter 135 euros et un retrait de 3 points. Oui, trois. En revanche, pour un scooter ou une 125 cm³, l’amende tombe à 35 euros, sans retrait de points. C’est une contravention de 2e classe, mais ça reste une prune.
Ça paraît injuste ? Peut-être. Mais c’est la règle. Et de plus en plus de municipalités ne font plus aucun cadeau.
Paris, Lyon, Boulogne : les villes serrent la vis
À Paris, le changement est brutal. Depuis septembre 2022, le stationnement des deux-roues thermiques est devenu payant, avec des amendes à la pelle : plus de 200 000 en trois mois.
Lyon, de son côté, a mis fin à la tolérance en mai 2021. Résultat : 610 verbalisations en deux jours. Le message est clair : les trottoirs sont pour les piétons.
À Boulogne-Billancourt, c’est pire. Depuis décembre 2023, les motos garées sur les trottoirs partent directement en fourrière. Et la tendance ne s’arrête pas là : Vincennes, Charenton, Le Kremlin-Bicêtre suivent la même voie.
Cette évolution locale s’inscrit dans une trajectoire réglementaire plus large, amorcée en 2015, et qui tend aujourd’hui vers une généralisation stricte sur tout le territoire.

Pas la même loi partout : les villes à double vitesse
C’est là que ça se complique. Toutes les communes n’appliquent pas les mêmes règles.
À Marseille, Toulouse ou Nantes, la tolérance existe encore, tant bien que mal. Pourquoi ? Tout simplement parce que les places légales pour se garer manquent cruellement.
À Paris, on compte 19,4 places dédiées pour 1000 habitants. À Lyon ? 2,3. À Marseille ? 0,9. C’est un gouffre. Forcément, sans solution de repli, les motards continuent à improviser.
Mais gare au jour où les PV vont pleuvoir là aussi.
Risques : plus qu’une amende, c’est la galère assurée
Si tu te fais choper, ce n’est pas qu’un billet de 35 ou 135 euros.
Tu risques la fourrière, l’immobilisation du véhicule, et si l’endroit est considéré comme dangereux (passage piéton, borne incendie), la note grimpe vite. Et puis il y a le risque civil : un piéton chute à cause de ta moto ? L’assurance se retourne contre toi. Et là, on ne parle plus de quelques dizaines d’euros.
Où stationner légalement ? Le parcours du combattant
Le plus sûr, c’est de viser les emplacements dédiés, marqués au sol. Ils sont souvent gratuits, sauf à Paris. Tu peux aussi utiliser les places pour voitures, en payant, bien sûr. Peu le savent, mais c’est parfaitement légal.
Autre solution : les parkings souterrains. Pas toujours donnés, mais plus sécurisés. À Paris, le Pass 2RM permet d’avoir un abonnement dès 70 euros par mois. Pas négligeable quand tu veux éviter les vols.
Exemples d’emplacements dédiés aux motos
Les 5 emplacements avec le plus de places moto à Boulogne-Billancourt
| Adresse | Quartier | Commune | Places | Abri |
|---|---|---|---|---|
| 126 rue Gallieni | Centre-Ville | Boulogne-Billancourt | 40 | ✘ |
| 57 quai Georges Gorse | Billancourt – Rives de Seine | Boulogne-Billancourt | 23 | ✘ |
| 2 avenue du Maréchal Juin | Silly – Galliéni | Boulogne-Billancourt | 20 | ✘ |
| 253 quai de la Bataille de Stalingrad | La Ferme / Les Îles – Les Chartreux | Issy-les-Moulineaux | 20 | ✘ |
| Avenue Victor Cresson | Centre-Ville / Corentin Celton – Les Varennes | Issy-les-Moulineaux | 20 | ✘ |
Se garer en double file ? Oui, mais…
L’article R417-10 t’autorise à stationner en double file, contrairement aux voitures. C’est une des rares marges de manœuvre qui subsistent.
Mais attention : ça doit rester temporaire. Et ne gêner ni la circulation, ni les piétons. Donc, pas devant un feu rouge, une école ou un passage piéton.
Bien se garer, c’est aussi ne pas se faire voler
Un parking légal, c’est bien. Un parking sécurisé, c’est mieux.
N’oublie jamais ton antivol SRA, surtout si tu veux que ton assureur t’indemnise. Privilégie les endroits éclairés, fréquentés, visibles. Et n’empiète pas sur les passages piétons ou zones de livraison. Tu éviteras une prune, et tu feras la paix avec les piétons.
Vers un futur encore plus contraignant ?
La direction est claire : on va vers une généralisation du stationnement payant, et une application plus stricte du droit partout en France.
Les villes veulent récupérer les trottoirs, et pousser à l’électrification. Certaines offrent encore la gratuité aux motos électriques. D’autres parlent déjà de quotas, voire de stationnement interdit en dehors des places matérialisées.
À toi d’anticiper, de t’équiper, et surtout de rester au courant des évolutions locales. Car entre l’amende, la fourrière, l’assureur et la mairie, mieux vaut jouer la carte de la légalité.






