BMW a testé cette idée il y a plusieurs décennies : elle revient aujourd’hui sur les deux-roues

Date:

BMW a testé cette idée il y a plusieurs décennies : elle revient aujourd’hui sur les deux-roues

Peu de gens s’en souviennent, mais BMW a failli lancer une moto électrique au tournant des années 1970. Le projet avait été engagé, les ingénieurs avaient travaillé, puis tout s’était arrêté. Pas assez de batteries, pas assez d’infrastructure, pas assez de marché. Le concept avait été rangé dans un tiroir.

Cinquante ans plus tard, ce tiroir est grand ouvert. La BMW CE 04 circule dans les rues européennes, les ventes de deux-roues électriques progressent de 25 % par an sur le continent, et les constructeurs qui avaient boudé la technologie s’y investissent massivement. Ce n’est pas une mode : c’est une convergence de contraintes réglementaires, de maturité technologique et de pression des utilisateurs.

Mais que vaut réellement cette technologie pour un motard ? Qu’est-ce qui a changé depuis les premières tentatives ? Et surtout, à qui s’adresse vraiment la moto électrique aujourd’hui ? Voici ce que les chiffres et les retours terrain disent vraiment.

Résumer cet article avec l’IA

Gagnez du temps : laissez une IA analyser et résumer cet article pour vous.

BMW et l’électrique : retour sur 50 ans d’histoire

Le premier prototype électrique de BMW Motorrad remonte aux années 1970. À cette époque, le constructeur bavarois expérimentait différentes motorisations dans un contexte de choc pétrolier. La machine, connue sous le nom de BMW E1, n’a jamais dépassé le stade du prototype. L’autonomie dérisoire des batteries disponibles alors rendait toute commercialisation impossible.

Il faudra attendre 2012 et le concept BMW C Evolution pour que la marque revienne publiquement sur le sujet. Un scooter électrique, présenté aux JO de Londres, qui annonce une direction sans pour autant déboucher sur un produit grand public immédiat.

2020 : la CE 04 change la donne

C’est en 2020 que BMW Motorrad franchit le cap avec la CE 04, un scooter électrique urbain commercialisé à partir de 11 990 euros. Design tranchant, recharge rapide, connectivité : la CE 04 ne ressemble à aucun autre scooter du marché. Elle s’adresse aux navetteurs urbains qui veulent couper avec l’essence sans sacrifier le style.

La CE 04 développe 31 kW (42 ch) et affiche une autonomie annoncée de 130 km en cycle WMTC. Dans les faits, les utilisateurs en conditions réelles oscillent entre 90 et 110 km selon la température et l’allure. Suffisant pour la ville, insuffisant pour les grandes distances.

Repère historique

BMW a testé la propulsion électrique sur deux-roues dès les années 1970, soit un demi-siècle avant que le marché ne soit techniquement prêt à l’accueillir. Le décalage entre l’idée et sa viabilité industrielle illustre à quel point la batterie lithium-ion a tout changé.

Le marché en 2024 : chiffres et tendances

En 2019, les motos et scooters électriques représentaient 1 % des immatriculations en Europe. En 2023, ce chiffre dépasse 5 % selon l’Association des Constructeurs Européens de Motocycles (ACEM). Une progression rapide, portée par les zones à faibles émissions qui prolifèrent dans les grandes villes européennes.

La croissance annuelle des ventes est estimée à 25 % dans les pays européens. Ce rythme est soutenu, mais il part d’une base encore modeste. Pour comparaison, les thermiques continuent de représenter 19 ventes sur 20.

Ce que la réglementation accélère

Paris, Amsterdam, Bruxelles, Milan : les restrictions de circulation pour les véhicules thermiques anciens se durcissent chaque année. Dans ce contexte, la moto électrique devient une alternative concrète pour les trajets domicile-travail, pas seulement un objet de curiosité technologique.

L’échéance européenne de 2035, qui vise l’arrêt des ventes de nouveaux véhicules thermiques légers, concerne aussi les deux-roues dans certaines de ses déclinaisons nationales. Les constructeurs anticipent.

Ce que la technologie électrique change vraiment

Un moteur électrique délivre son couple maximal dès le premier tour. Pas de montée en régime, pas de palier. Sur une moto thermique, il faut atteindre la plage de couple utile pour sentir la poussée. Sur une électrique, l’accélération est immédiate, linéaire et sans à-coup.

Conséquence directe : la conduite en ville est plus fluide, les dépassements plus faciles à gérer, et le comportement général plus prévisible pour un conducteur novice. C’est l’un des arguments les plus souvent cités par les nouveaux utilisateurs.

Avantages mesurables

L’efficacité énergétique d’un moteur électrique atteint jusqu’à 90 %, contre environ 30 % pour un moteur thermique équivalent. En clair : deux fois plus d’énergie du réservoir (ou de la batterie) se transforme en mouvement réel. Le reste est converti en chaleur, et c’est là que le thermique perd.

Les coûts d’entretien sont aussi structurellement inférieurs. Pas de vidange, pas de courroie de distribution, pas de filtre à air. Les freins s’usent moins vite grâce au freinage régénératif. Sur 5 ans, la différence peut dépasser plusieurs milliers d’euros selon l’usage.

Limites à ne pas minimiser

L’autonomie reste le point faible principal. Entre 80 et 200 km selon les modèles et les conditions, elle contraint la planification des trajets longs. En hiver, la perte de capacité des batteries lithium-ion peut atteindre 20 à 30 %, ce qui réduit encore la marge.

La recharge prend de 1 heure (charge rapide DC) à 8 heures (prise domestique standard). L’infrastructure reste insuffisante hors des grandes agglomérations. Ce n’est pas un problème de technologie, c’est un problème de déploiement réseau.

Point de vigilance

Une batterie lithium-ion perd en capacité avec les années. Au bout de 5 à 8 ans, selon l’intensité d’utilisation, la dégradation peut être significative. Vérifiez la garantie batterie avant achat : chez BMW, elle couvre 2 ans sans limite de kilométrage.

Impact concret pour les motards au quotidien

Passer à l’électrique ne change pas seulement la motorisation : ça change les habitudes. Là où un motard thermique s’arrête à la station-service en deux minutes, le motard électrique branche sa machine le soir chez lui ou au bureau. Un glissement de paradigme qui convient aux uns, déroute les autres.

Pour un usage pendulaire de moins de 60 km par jour, la moto électrique coche toutes les cases. Coût au kilomètre inférieur, entretien réduit, zéro émission en zone urbaine. Le calcul économique est favorable sur la durée, même si le ticket d’entrée reste élevé.

La question du bruit : avantage ou perte de sensations ?

Le silence est objectivement un avantage en ville. Moins de nuisances sonores, moins de fatigue auditive sur les longues sessions urbaines. Mais pour une partie de la communauté moto, la sonorité fait partie de l’expérience. C’est un débat qui ne se résout pas par des chiffres.

Sur les forums spécialisés, les retours d’utilisateurs de CE 04 reviennent souvent sur la même chose : les deux premières semaines déroutent, puis on s’y fait, puis on apprécie. La réactivité compense largement l’absence de bande-son selon la majorité des témoignages lus sur les communautés anglophones comme Cycle World ou Motorcycle.com.

Alternatives sur le marché : que valent les concurrents ?

BMW n’est pas seul. Plusieurs marques ont structuré une offre cohérente ces dernières années, chacune avec un positionnement distinct.

Marque / Modèle Autonomie indicative Prix indicatif Positionnement
BMW CE 04 130 km (WMTC) 11 990 euros Premium urbain
Zero SR/F jusqu’a 200 km environ 20 000 euros Routier haute perf
Energica Ego jusqu’a 180 km environ 22 000 euros Sportive premium
Gogoro (scooters) 60 a 100 km a partir de 5 000 euros Urbain economique

Zero Motorcycles est la référence américaine : autonomie supérieure, mais prix élevé et réseau SAV encore limité en Europe. Energica vise les passionnés de sportives électriques, avec des performances comparables aux meilleures thermiques dans leur catégorie. Gogoro mise sur le modèle d’échange de batteries en station, déployé principalement en Asie.

Le rapport qualité/prix de la CE 04 tient à sa finition, son écosystème connecté et la solidité du réseau BMW. Mais pour celui qui cherche avant tout du kilométrage sans contrainte, la concurrence offre des alternatives sérieuses.

IMAGE 3

Équipements et accessoires pour rouler en électrique

Passer à la moto électrique ne signifie pas renoncer à équiper correctement sa machine. Bien au contraire : les accessoires de transport et de sécurité restent identiques, et certains détails mécaniques conservent toute leur importance, notamment les durites de frein et les systèmes d’arrimage.

Pour les trajets pendulaires en électrique, emporter du matériel ou fixer des sacs étanches au quotidien est une nécessité. Des sangles et adaptateurs de qualité font la différence entre une fixation sûre et un accessoire inutilisable après trois sorties sous la pluie.

Sécurité freinage et accessoires bagagerie

Côté freinage, même sur une moto électrique utilisant le freinage régénératif, les durites hydrauliques restent un point critique. Des rondelles aluminium pour durites Goodridge garantissent l’étanchéité des raccords et préservent la fiabilité du circuit hydraulique sur le long terme.

Pour les motards qui utilisent leur deux-roues électrique au quotidien avec bagage, les adaptateurs SW-Motech pour DryBag permettent de connecter facilement les sacs étanches aux points d’ancrage existants, sans modifier la carrosserie.

Et pour sécuriser le tout, même en roulage sportif ou sur route ouverte, des sangles d’arrimage SW-Motech DryBag 80 maintiennent le chargement en position quelle que soit la configuration de bagage adoptée.

Bon à savoir

Les accessoires de bagagerie SW-Motech sont compatibles avec la plupart des points d’ancrage universels, y compris sur les scooters électriques de nouvelle génération. Vérifiez la compatibilité de votre modèle avant commande.

FAQ

Quand BMW a-t-il commencé à s’intéresser aux motos électriques ?

BMW Motorrad a développé un premier prototype électrique dans les années 1970, en réponse au choc pétrolier. Ce projet, connu sous le nom interne de BMW E1, n’a jamais été commercialisé. Il faudra attendre 2020 et la CE 04 pour voir une moto électrique BMW sur le marché grand public.

Quelle est l’autonomie réelle de la BMW CE 04 ?

L’autonomie annoncée est de 130 km en cycle WMTC. En conditions réelles, les utilisateurs rapportent entre 90 et 110 km selon la température extérieure, le mode de conduite et l’usage du chauffage et des accessoires connectés.

La moto électrique est-elle moins chère à entretenir ?

Oui, structurellement. Pas de vidange, pas de filtre à air, pas de distribution. Le freinage régénératif réduit l’usure des plaquettes. Sur 5 ans d’utilisation régulière, l’économie d’entretien peut dépasser 2 000 euros selon l’intensité d’usage et le modèle thermique de référence.

Peut-on faire de la longue distance avec une moto électrique ?

C’est techniquement possible mais encore contraignant. Les modèles haut de gamme comme la Zero SR/F permettent jusqu’a 200 km d’autonomie. Avec des pauses recharge bien planifiées, un trajet de 400 km est envisageable, mais il exige une organisation que l’on n’impose pas à une moto thermique.

Quel est le prix d’entrée d’une moto électrique de qualité en 2024 ?

Le marché s’étale de 5 000 euros pour des scooters d’entrée de gamme comme certains modèles Gogoro à plus de 22 000 euros pour des sportives premium comme l’Energica Ego. La BMW CE 04 débute à 11 990 euros et se positionne dans le segment premium urbain.

En résumé

Histoire longue : BMW teste la moto électrique dès les années 1970, mais c’est seulement en 2020 avec la CE 04 qu’un produit commercial voit le jour, rendu possible par la maturité des batteries lithium-ion.
Marché en croissance : la part des deux-roues électriques en Europe est passée de 1 % en 2019 à plus de 5 % en 2023, avec une progression annuelle estimée à 25 %.
Usage adapte : l’électrique excelle en contexte urbain et pendulaire, avec des coûts d’entretien réduits et un couple instantané, mais l’autonomie et l’infrastructure de recharge restent les freins principaux pour la longue distance.
Équipement inchangé : passer à l’électrique ne dispense pas d’équiper sa machine sérieusement, notamment pour la bagagerie et la fiabilité du circuit de freinage hydraulique.

Sources : BMW Motorrad Official Site (bmw-motorrad.com), Association des Constructeurs Européens de Motocycles ACEM (acem.eu), Motorcycle.com BMW CE 04 First Ride Review, Cycle World BMW CE 04 Review, Zero Motorcycles Official Site (zeromotorcycles.com), Energica Motor Company Official Site (energicamotor.com), Gogoro Official Site (gogoro.com).

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

spot_img

Sur le même sujet

Triumph champion du monde MX2 en seulement 3 saisons : le titre qui change tout

Triumph champion du monde MX2 en seulement 3 saisons : le titre qui change tout Trois saisons. C'est tout...

Honda NR 750 : la moto la plus audacieuse du monde n’a survécu qu’un an

Honda NR 750 : la moto la plus audacieuse du monde n'a survécu qu'un an Trois cents exemplaires. Un...

Zones interdites aux motos en Allemagne : la vignette sonore à 80 dB(A) en débat

Zones interdites aux motos en Allemagne : la vignette sonore à 80 dB(A) en débat En Allemagne, des associations...

Airbag filaire ou électronique : le câble n’a pas d’abonnement, l’électronique en a

Airbag filaire ou électronique : le câble n'a pas d'abonnement, l'électronique en a Un gilet airbag, c'est devenu l'équipement...