Erzbergrodeo 2023 : 17 finishers sur 500 partants, un seul 4-temps a vu l’arrivée
500 pilotes au départ. 17 à l’arrivée dans les temps impartis. Ces deux chiffres résument mieux que n’importe quel discours ce qu’est l’Erzbergrodeo, épreuve de hard enduro organisée chaque année sur la montagne de minerai de fer styrien en Autriche. L’édition 2023 du Red Bull Erzbergrodeo a poussé le curseur encore un cran plus loin, avec des conditions qui ont mis à genoux quasiment tous les concurrents.
Mais au-delà du carnage statistique, cette édition a écrit trois histoires distinctes : la domination de Manuel Lettenbichler, la performance isolée de Cody Webb sur la seule moto 4-temps à finir, et l’arrivée historique de motos électriques dans le top 10. On décortique tout ça.
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Lettenbichler double la mise en 2h31
L’Allemand Manuel Lettenbichler a remporté l’édition 2023 en 2 heures et 31 minutes, s’octroyant ainsi une deuxième victoire consécutive sur le “Géant de Fer”. Il devient par cette performance le septième pilote à s’imposer plusieurs fois à l’Erzbergrodeo en 27 éditions, un club très fermé dans une épreuve où simplement terminer relève déjà de l’exploit.
Billy Bolt, le Britannique, a pris la deuxième place à 11 minutes du vainqueur, malgré une chute en début de course qui a abimé son disque de frein avant. Une performance d’autant plus impressionnante qu’une telle avarie sur un terrain pareil aurait mis fin à la journée de n’importe quel autre pilote. Trystan Hart complète le podium en troisième position, pour la deuxième année de suite.
Cody Webb : le seul 4-temps à l’arrivée sur 500 partants
Voilà le chiffre qui fait mal : sur 500 pilotes au départ et 17 finishers dans le délai de 4 heures, un seul a terminé sur une moto 4-temps. Cet homme, c’est l’Américain Cody Webb, 10e du classement final, sur une Yamaha YZ250FX. Une moto de série, pas une préparation usine exotique.
Pourquoi les 4-temps sont-ils si rares à l’arrivée de l’Erzberg ? Le poids est la réponse courte. Sur des rochers mouillés, des ravines et des sections verticales à 70 % de dénivelé, chaque kilogramme supplémentaire se paye cash. Les 2-temps dominant le peloton hard enduro offrent une légèreté et une réponse moteur que les 4-temps actuels ne peuvent pas totalement compenser, même avec un couple plus linéaire. Webb a prouvé que c’est faisable. Mais il a aussi prouvé que c’est très, très rare.
A retenir sur le poids en enduro extrême
La réglementation hard enduro ne distingue pas 2-temps et 4-temps. Le marché pousse les constructeurs à alléger les 4-temps, mais la parité de poids reste hors de portée pour l’instant en configuration de course.
Les motos électriques entrent dans l’histoire de l’Erzberg
2023 restera comme l’année où les électriques ont officiellement franchi la ligne d’arrivée de l’épreuve la plus dure au monde. Eddie Karlsson, pilote suédois, termine 9e sur la Stark VARG, malgré des problèmes de frein arrière en cours de course. C’est une première mondiale : une moto électrique dans le top 10 de l’Erzbergrodeo.
Graham Jarvis, 51 ans, vétéran britannique de la discipline, finit 10e sur sa Jarv-E, une machine développée en partie autour de ses propres besoins. Deux finishers électriques dans la même édition, c’est un signal fort pour l’industrie.
Les avantages des électriques sur ce type de terrain sont réels : couple disponible immédiatement dès les premiers tours de roue, pas de calage, moins de vibrations sur les bras. Les contraintes aussi : l’autonomie impose une gestion rigoureuse, et des stations de recharge ont dû être installées sur le parcours. Le poids des batteries reste le principal frein à une domination future sur ce type d’épreuve.
Chiffres clés 2023
500 partants. 17 finishers dans le délai de 4 heures. 1 seul 4-temps à l’arrivée (10e place). 2 électriques dans le top 10 (9e et 10e). Le vainqueur en 2h31.
L’équipement pour l’enduro extrême
Ce type de course remet en question chaque composant de la moto. Les pilotes comme Webb ou Karlsson s’appuient sur des machines préparées au millimètre, où la ligne d’échappement, la puissance de freinage et la fiabilité électrique ne laissent aucune marge d’erreur.
Pour les pratiquants d’enduro qui souhaitent améliorer leur machine, les priorités sont claires : la gestion du poids passe par des lignes complètes légères et performantes, tandis que la sécurité au freinage repose sur des machoires de frein adaptées au terrain rocailleux. L’incident de Billy Bolt sur son disque avant rappelle que même au niveau professionnel, le freinage reste le point de rupture le plus critique.
FAQ
Combien de pilotes ont terminé l’Erzbergrodeo 2023 ?
Sur 500 pilotes au départ, 17 ont franchi la ligne d’arrivée dans le délai réglementaire de 4 heures. Un taux de finition de 3,4 %.
Pourquoi les motos 4-temps sont-elles si rares à finir l’Erzberg ?
Le surpoids des 4-temps par rapport aux 2-temps est pénalisant sur les sections rocheuses et verticales. Cody Webb (Yamaha YZ250FX) est le seul à avoir terminé sur un 4-temps en 2023, à la 10e place.
Les motos électriques ont-elles vraiment leur place en hard enduro extrême ?
Les résultats 2023 prouvent que oui : Eddie Karlsson (Stark VARG, 9e) et Graham Jarvis (Jarv-E, 10e) ont tous deux terminé. Le couple instantané est un vrai atout, mais l’autonomie et le poids des batteries restent des freins à une domination future.
En résumé
Sources : Cycle News (résultats Erzbergrodeo 2023), Vurbmoto (statistiques finishers), Dirt Bike Magazine (interview Cody Webb), Buck City Biker (Stark VARG et Jarv-E résultats), Enduro21 (liste complète des finishers), Motomovie.de, MCNews.com.au.








