Rouler sans gants homologués CE : 68 euros et 1 point depuis le 20 novembre 2016
Depuis le 20 novembre 2016, une règle simple s’impose à tout conducteur de deux-roues motorisé en France : les gants portés doivent être homologués CE selon la norme EN 13594. Ce n’est plus une recommandation, c’est une obligation légale gravée dans le décret 2016-1232. Ignorer cette règle, c’est s’exposer à une amende de 68 euros et à la perte d’un point sur le permis.
Pourquoi les mains ? Parce qu’elles sont le premier réflexe en cas de chute. Un motard qui glisse étend instinctivement les bras pour se protéger, exposant ses mains au bitume à pleine vitesse. L’étude européenne MAIDS l’a quantifié : des gants adaptés atténuent ou évitent les blessures aux mains dans 95 % des cas lors d’accidents.
Cette mesure concerne tout le monde sans exception : motos, scooters, cyclomoteurs. Le passager est également tenu de porter des gants conformes. Autant comprendre exactement ce que la loi exige, ce que risque concrètement un motard contrôlé sans gants réglementaires, et comment choisir un équipement à la fois conforme et adapté à son usage.
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Dans cet article
Ce que dit la loi depuis le 20 novembre 2016
Le décret 2016-1232 du 19 septembre 2016 a officiellement rendu obligatoire le port de gants homologués pour tout conducteur et tout passager circulant sur un deux-roues motorisé. La date d’entrée en vigueur : le 20 novembre 2016. Depuis ce jour, rouler avec des gants de travail, des gants de ski ou aucun gant constitue une infraction.
Le texte vise tous les véhicules de la catégorie L : motos, scooters, cyclomoteurs, tricycles motorisés. Aucune cylindrée n’est exemptée. Un conducteur de 50 cm3 en ville est soumis exactement aux mêmes exigences qu’un motard sur autoroute.
La conformité est simple à identifier : les gants homologués portent le marquage CE suivi de la mention EN 13594, généralement cousu à l’intérieur ou sur une étiquette visible. Sans ce marquage, les gants ne sont pas reconnus comme protection au sens de la loi, quelle que soit leur épaisseur ou leur apparence.
Amende, retrait de point : les sanctions concrètes
Circuler sans gants homologués CE est une contravention de 3e classe. Trois chiffres à retenir :
| Situation | Montant |
|---|---|
| Amende forfaitaire | 68 euros |
| Amende minorée (paiement rapide) | 45 euros |
| Amende majorée (paiement tardif) | 180 euros |
A cela s’ajoute le retrait d’un point sur le permis du conducteur. Ce point concerne uniquement le conducteur, pas le passager, même si ce dernier encourt également l’amende. Un détail qui peut faire basculer un permis déjà fragilisé.
Attention au passager
Le passager sans gants homologués est lui aussi verbalisable. L’amende de 68 euros s’applique dans les mêmes conditions. En revanche, seul le conducteur perd un point.
Les contrôles restent aléatoires et moins fréquents que pour le casque, mais la tendance est à un durcissement progressif des vérifications d’équipement lors des opérations de sensibilisation. Mieux vaut ne pas attendre d’être contrôlé pour se mettre en règle.
La norme EN 13594 : ce qu’elle exige vraiment
La norme européenne EN 13594 définit les exigences minimales que doivent satisfaire les gants de protection pour conducteurs de motos et scooters. Ce n’est pas un simple label marketing : chaque paire homologuée a subi des tests en laboratoire indépendant.
Résistance à l’abrasion
C’est le test central. Le matériau est frotté contre une surface abrasive à vitesse contrôlée. Pour obtenir la certification, il doit résister sans se percer pendant une durée définie. Les zones de paume et de doigts sont soumises aux exigences les plus strictes, car ce sont celles qui touchent le sol en premier.
Deux niveaux de performance existent dans la norme : le niveau 1 (usage courant) et le niveau 2 (protection renforcée, recommandée pour la route à vitesse élevée). Cette distinction apparait sur l’étiquette de certification.
Protection aux impacts et aux articulations
Des protections rigides ou semi-rigides doivent couvrir les articulations des doigts et la zone du poignet. Elles absorbent l’énergie d’un choc direct, par exemple lors d’un impact contre le sol ou un obstacle. Sans ces renforts, un choc violent peut fracturer les os du carpe ou les phalanges.
Le chiffre qui parle
Selon l’étude européenne MAIDS, le port de gants épais certifiés atténue ou prévient les blessures aux mains dans 95 % des accidents impliquant des motocyclistes. Une statistique qui suffit à justifier l’investissement.
Maintien et confort thermique
La norme impose également que les gants n’entravent pas la mobilité nécessaire à la conduite. Grip, manipulation des commandes, retour des leviers : tout doit rester possible sans compromis. Les gants doivent en outre être utilisables dans une plage de températures réaliste pour un usage routier.
Pourquoi les mains sont les premières victimes d’une chute
La biomécanique d’une chute moto est quasi systématique : le corps part vers l’avant ou sur le côté, et les mains s’étendent instinctivement pour amortir l’impact. Ce réflexe est involontaire, câblé dans le système nerveux depuis l’enfance. A 50 km/h, une paume non protégée qui touche le bitume subit une abrasion capable d’arracher la peau jusqu’à l’os en moins d’une seconde de glissement.
Les fractures des os du carpe, de l’index ou du pouce sont parmi les blessures les plus fréquentes et les plus invalidantes en moto. Certaines sequelles persistent des années : perte de mobilité, douleurs chroniques, difficultés pour travailler ou conduire. Des conséquences disproportionnées par rapport au refus de porter un simple accessoire.
Contrairement au casque, dont le port obligatoire est ancré depuis des décennies, les gants restent encore perçus par certains motards comme une contrainte optionnelle. Cette résistance culturelle explique en partie le choix du législateur d’assortir l’obligation d’une sanction financière et d’un retrait de point : changer un comportement demande parfois plus qu’une recommandation.
Comment choisir ses gants homologués CE
Tous les gants CE ne se valent pas. La certification garantit un plancher de protection, pas un plafond. Entre un modèle d’entrée de gamme à 35 euros et un gant haut de gamme en cuir kangaroo à 200 euros, les différences de protection effective et de durabilité sont réelles.
Selon la saison et l’usage
Pour l’été : des gants courts en mesh ou cuir perforé, certifiés EN 13594 niveau 1, offrent la ventilation sans sacrifier la protection. Pour l’hiver ou la pluie : des gants longs imperméables avec membrane, idéalement certifiés niveau 2. Pour la route sportive ou la piste : cuir épais, manchette longue, protections de niveau 2 obligatoires.
Les matériaux : cuir contre textile
Le cuir offre la meilleure résistance à l’abrasion à épaisseur équivalente. Le textile permet d’intégrer des membranes imperméables et une meilleure gestion thermique. Les deux peuvent être certifiés CE. Le choix dépend davantage des conditions d’utilisation que d’une hiérarchie absolue en termes de sécurité.
Un critère souvent négligé : le maintien au poignet. Un gant qui se détache lors d’une chute n’offre plus aucune protection. Velcro large, fermeture ajustable, manchette couvrant le bas de la manche de la veste : ces détails font la différence entre un gant qui reste en place et un gant qui part au moment critique.
Budget indicatif
Des gants CE conformes existent dès 30 euros pour un usage urbain. Pour un usage mixte ou sportif, un budget de 80 à 150 euros permet d’accéder à des modèles avec protections de niveau 2, doublure amovible et cuir de qualité. Au-delà, on entre dans le segment premium.
Protections et équipements : notre sélection
Les gants sont un premier niveau de protection, mais l’équipement complet d’un motard va bien au-delà. Pour ceux qui souhaitent compléter leur protection homologuée sur la route ou en cross, voici trois catégories disponibles sur 3as-racing.com directement en lien avec la sécurité aux mains et au corps.
Pour la pratique sur route, retrouvez un large choix de protections diverses route adaptées à toutes les morphologies et tous les budgets, incluant coques dorsales, protège-genoux et renforts de poignets certifiés CE.
Les pratiquants de cross ou d’enduro trouveront leur compte dans la catégorie protections diverses cross, avec des équipements pensés pour encaisser les chocs en tout terrain, des mains aux chevilles.
Pour les amateurs de marques techniques et de qualité premium, la sélection de protections R&G propose des accessoires et protections de carter homologués, reconnus pour leur fiabilité sur circuit comme sur route.
FAQ
Les gants de ski ou de travail sont-ils acceptés par la loi ?
Non. Seuls les gants portant le marquage CE avec la référence EN 13594 sont reconnus comme conformes. Des gants de ski, de jardinage ou de manutention, aussi épais soient-ils, ne satisfont pas aux exigences de la loi et exposent leur porteur à l’amende de 68 euros et au retrait d’un point.
Le passager est-il aussi verbalisable sans gants homologués ?
Oui. Le passager encourt la même amende de 68 euros. En revanche, le retrait d’un point sur le permis ne concerne que le conducteur. Les deux personnes doivent donc impérativement porter des gants CE conformes.
Peut-on rouler avec des demi-gants ou des gants à un doigt ?
Uniquement s’ils sont certifiés EN 13594. Certains modèles courts ou fingerless sont effectivement certifiés CE, mais ils doivent impérativement porter le marquage officiel. Sans ce marquage, la contravention s’applique quelle que soit la forme du gant.
Quelle est la différence entre niveau 1 et niveau 2 de la norme EN 13594 ?
Le niveau 1 correspond à une protection de base, suffisante pour un usage urbain ou de loisir. Le niveau 2 impose des exigences plus élevées en résistance à l’abrasion et aux impacts, recommandé pour la route à allure soutenue, le tourisme longue distance ou la pratique sportive. Les deux niveaux sont légalement conformes.
En résumé
Sources : securite-routiere.gouv.fr, moto-securite.fr, decret 2016-1232 du 19 septembre 2016, etude MAIDS (Motorcycle Accidents In-Depth Study).







